Quand j'étais prof au lycée, j'ai fait le stage pour devenir officiellement "Mandatory Reporter". Cela veut dire que j'étais obligée par la loi de notifier mes supérieurs si je soupçonnais un abus sexuel ou autrement physique d'un enfant dans mes cours. Un enfant est une personne qui n'a pas encore 18 ans.
Or, maintenant à la fac, puisque nous pouvons avoir des élèves de tous les âges, nous sommes obligées de nous certifier. Et moi encore, parce que cela fait plus de dix ans depuis mon dernier entraînement (comme quoi, on aurait pu inventer de nouveaux abus ???).
Tant pis pour eux, je le prends toujours sur moi de parler individuellement avec mes élèves si je flaire un problème. Une fois, une fille est venue dans mes cours, ses avant-bras recouverts de gros bleus. Elle m'a assurée, en privé après le cours, bien sûr, qu'elle ne faisait que jouer avec son petit-ami. Je lui ai dit que jouer ne devrait pas laisser des bleus. Ensuite, je lui ai expliqué qu'un homme qui aime sa nana ne lui laisse pas de traces comme ça ! Surtout partout. Et puis je lui ai dit de consulter son médecin, si c'était vrai que le contact n'avait pas été trop abusif, qu'elle avait peut-être un problème de santé.
Mais puisque c'était une adulte, je n'ai rien dit aux autorités. Si la victime adulte ne dit rien, on n'intervient pas. Qui ne dit mot consent, passé l'âge de dix-huit ans, quoi.
Alors, bon. Me revoici de nouveau et officiellement "Mandatory Reporter" aux yeux de la loi.
je ne sais pas ... je n'ai jamais été confrontée à une suspicion / une évidence (en espérant que ce n'est pas parce que je ne veux pas voir ..!!) ; une fois, j'ai demandé une enquête sur un gamin qui passait son temps à dire qu'il voulait tuer tout le monde, que plus tard, il ferait la guerre, comme ça il pourrait tuer des gens, c'était trop fun, tout ça ... L'enquête a surtout révélé que le gamin ne supportait pas son beau-père, une entente a été trouvée et il a été placé chez son père. Ce faisant, il a changé d'établissement, et c'est une très bonne copine qui l'a récupéré en tant que prof principale : il était transformé, paraît-il ...Mais c'est super délicat, et je ne suis pas sûre qu'ici, en France, tu t'en tires vraiment bien si tu as soupçonné à tort (mis à part que tu as ta conscience pour toi, ce qui est énorme)J'ai vécu un cas différent mais qui relève de la même problématique. Nouvellement installée, j'entends mes voisins se disputer vraiment violemment, une table qui tombe, des chaises qui volent ... J'ai appelé la police en demandant à rester anonyme. Sitôt raccroché le téléphone, je me suis trouvée minable ... et je suis allée chez les voisins. La maman, un téléphone portable écrabouillé à la main, qui saignait d'ailleurs, m'a ouvert. J'ai juste dit que j'avais appelé la police, parce que j'avais peur pour eux. Trois ans plus tard, on se parle, on se rend des services ... et ils continuent de s'engueuler, mais moins violemment apparemment.Je suis contente, parce que j'ai agi avec le coeur, à la fois en appelant la police, ET en allant les voir ensuite.Mais qui sait ... j'aurais pu me faire dégommer ce jour-là.;)
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Tu as bien fait pour les voisins, c'est sûr. Je n'ai jamais rien compris à l'amour vache !!!<br />
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B
Berthoise
17/04/2009 19:00
Sans être mandatés, nous sommes tenus de prévenir les services sociaux quand nous pensons qu'un enfant est en danger. Il y a plusieurs degrés : carence éducative, défaut de soins, maltraitance corporelle et/ou psychologique, attouchements sexuels, abus sexuels, violences sexuelles. Ce sont toujours des moments très difficiles à vivre car la décision de faire appel aux services sociaux et/ou au procureur de la république dans les cas extrèmes ne peut pas se faire à la légère. Si nous ne le faisons pas, nous sommes en faute. Si nous le faisons sans raison, nous sommes fautifs aussi. Les cas graves sont évidents, mais le défaut de soins, la carence éducative sont plus délicats à déceler.
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Ouille. C'est comme une punition alors pour les instits. Je pense quand même qu'on devrait avoir le droit de se tromper !!!<br />
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MAP
17/04/2009 17:15
C'est toujours très délicat et difficile de détecter ce genre d'abus effectivement mais bien nécessaire !!!
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Tout le monde a le devoir moral, me semble-t-il.<br />
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Et non, c'est pas facile, pas du tout. Tu le dis bien, M.<br />
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tilleul
17/04/2009 14:40
Ce n'est pas toujours évident! Un jour, un petit élève est rentré du repas de midi pris chez lui, les jambes couvertes de bleus... Sa mère l'avait puni avec un bâton parce qu'il avait désobéï... C'était une dame (professeur) plutôt bien vue au village. Elle s'est excusée et a reconnu avoir dépassé les bornes... Quelques semaines plus tard, cette même dame envoyait l'instit devant le juge, sous prétexte que c'était lui qui frappait l'enfant... Tous les parents ont signé une pétition pour défendre cet enseignant... Le juge n'a rien voulu entendre et il a été condamné, alors qu'il n'avait rien à se reprocher!! je regrette encore de ne pas avoir prévenu le service social pour faire constater les bleus du gamin!
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Oui, c'est délicat. Très délicat ! Et c'est vrai qu'il y a des FOUS. Bien sûr qu'une personne capable de battre un enfant est aussi capable de mentir !<br />
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Ici, un instit' a été accusé de trop toucher aux petites filles. Il a été enfin innocenté, mais c'était toute une meute de gens (les amis de ces gens qui étaient des gens pas bien) qui l'ont<br />
attaqué. Quelle horreur !<br />
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Mais qui ferait mal à un enfant, avec un bâton, ou une main ou même des mots ? Cela m'écoeure.<br />
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