Mardi 16 décembre 2008
Un jour, je devrai consacrer un livre au sujet de mes aventures au supermarché à 16 km de chez moi.

Je me souviens d'une de mes premières visites, un de ces bonhommes qui portent les achats à la voiture m'a fait signe de la main pendant que je partais. « Ciel !  » me suis-je dit.  « Qu'est-ce que les gens sont sympas ici ! » Ce n'était qu'en arrivant à la maison que je me suis rendu compte que j'avais laissé la bouteille de lait sur le toit de la voiture pendant que j'y mettais les autres choses, et que je suis partie en laissant une bombe lactée dans le parking et que le gars essayait juste de me prévenir avant que cela ne fasse splooooooooooootche !

Une autre fois, je rentrais un soir du printemps, après un colloque quelque part, j'avais ôté mon manteau lourd en conduisant et je me suis arrêtée pour prendre deux steaks et une bouteille de vin pour fêter les retrouvailles avec iowaboy. Donc, deux secondes dans le super, pas besoin de filer mon manteau, mais au parking, je vois une vieille dame qui marchait avec une canne et qui avait laissé tomber un de ses sacs.  Moi, qui me voyais en nobélisable, et qui me félicitais pour ma gentillesse, ai proposé de l'aider. Elle a accepté, et c'est en ce moment-là que j'ai su que la dame n'avait pas de voiture et que je venais de proposer de la raccompagner à sa maison...à pied...et sans manteau. Qui plus est, c'était le premier du mois, elle avait dû recevoir ses allocations et elle avait acheté tout plein de boîtes. C'était lourd ! Et  j'avais froid. De mieux en mieux, et je riais à moi-même d'avoir voulu faire ma B.A. sans souffrir. Mais, d'un coup, j'ai eu peur parce qu'on traversait un trottoir super abîmé et la dame m'a dit « Oui, c'est ici que je suis tombée, c'est ainsi que j'ai fracturé mon pelvis ! »  Moi, athée, commençais à supplier Jésus de ne pas permettre à la dame de retomber là, dans la rue, devant moi. Ou pire, sur moi ! Bon, dix petites minutes de marche, nous étions arrivée chez elle. Oui, bon, me disais-je, ma récompense sera sa gratitude. Mais une fois rentrée dans son appart, la dame commençait à me regarder comme une intruse, comme si elle ne me reconnaissait pas. Alors, j'ai gentiment demandé la permission d'entrer dans sa cuisine, mettre les sacs sur la table (je vous ai dit qu'ils étaient lourds ?) et de repartir rapidement avant qu'elle ne téléphone aux flics !

Et puis, ce soir, je m'arrête au même super, et je vois une vieille dame penchée sur sa voiture. Oui, bon, je passe, je ne dis rien, et puis je l'entends.  « Dites ! Vous ne pourriez pas ouvrir la portière de ma voiture ? J'y arrive pas ! »  Alors, je suis allée lui ouvrir la portière. Le froid avait fait que cela ne bougeait pas facilement sur ses gonds et la dame n'avait pas les forces pour l'ouvrir. J'ai vu ses paquets sur le devant de la voiture. « Je ne pourrais pas vous aider avec vos achats ? » Silence. J'ai vu que la dame avait aussi une de ces machines pour l'oxygène. Alors, je l'ai laissée faire avant qu'elle n'ait l'occasion de mettre la voiture en marche et m'écraser entre le pare-choc et le mur du bâtiment.

-- Merci !  m'a-t-elle enfin crié.

-- Je vous en prie ! ai-je répondu, juste avant de me sauver à l'intérieur du supermarché.
Par iowagirl - Publié dans : iowaquotidien
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